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EUROPE

Les grands Etats veulent réduire le budget de l’Union

Après une année 2004 miraculeuse dont les rentrées fiscales tardives ont immédiatement été employées pour réduire le déficit, 2006 s’annonce incertain. La croissance reste toujours aux abonnés absents pendant que le coût de l’énergie peut subir des soubresauts inattendus. Quelle rôle la réforme budgétaire peut-elle jouer dans la réduction des dépenses ?

Dernière mise à jour : 25 mars 2004

Désormais, les choses sont claires : l’Allemagne ne veut plus du pacte de stabilité et de croissance qu’elle a imposé à ses partenaires en 1997. Ou plutôt, elle en veut bien mais à condition que ses dents aient été soigneusement limées afin de lui enlever son mordant. Berlin a bloqué, lundi soir à Bruxelles, après une réunion de neuf heures et demie (!) des douze grands argentiers de la zone euro, la réforme que propose Jean-Claude Juncker, le président de l’eurogroupe.

Banque centrale européenne —(commentaire photo)—

Tous à la baisse !

Réunis le 20 mars, les grands argentiers de l’Europgroup ont décidé de serrer les cordons de la Bourse : la contribution de chaque Etat va passer de 1,27% à 1% du PNB.

© Union Européenne

—(fin commentaire photo)—

Tranchant avec la relative modération dont il a fait preuve ces dernières semaines, le secrétaire général de la CES, John Monks, pourtant partisan de l’élaboration d’un marché intérieur des services, a appelé la Commission européenne à « jeter le texte existant à la poubelle et à le recommencer ». « Nous ne voulons pas de... ce Frankestein de directive qui, si elle était entérinée, ouvrirait une course vers le bas, rabaissant le niveau des salaires, des conditions de travail, des services publics, plutôt que de construire une Europe aux normes élevées », a ajouté le numéro un de la confédération.

Manifestement fatigué, Juncker a menacé, hier, de jeter l’éponge : « Je n’exclus pas que nous en restions au pacte tel qu’il est. Il fonctionne mal, mais je n’ai aucune envie de le remplacer par un pacte qui donne l’impression de fonctionner et qui ira mal plus tard. » Il va néanmoins essayer de parvenir à un accord avant le Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement des 22 et 23 mars, lors d’un conseil extraordinaire des ministres des Finances convoqué pour le 20 mars.

Le problème de Gerhard Schröder est simple : il sait qu’il est peu probable que le déficit public allemand soit ramené sous le plafond des 3 % du PIB d’ici à la fin de l’année. Pire : aucun redémarrage de la croissance allemande n’étant attendu, l’année 2006 ne s’annonce pas bien. Or, les élections législatives auront lieu en septembre 2006 : le chancelier ne veut pas que d’ici là, la Commission vienne lui tirer les oreilles à cause de ses problèmes budgétaires pour le plus grand bonheur de son opposition.

Déjà, en janvier 2002, à quelques mois des élections, il avait réussi à bloquer l’avertissement "précoce" que Bruxelles voulait lui envoyer. Et, les 24 et 25 novembre 2003, avec la complicité de la France, il avait obtenu la mise "entre parenthèses" du pacte pour éviter des sanctions. Hans Eichel, le ministre des Finances allemand, s’était alors exclamé, à la stupéfaction de ses partenaires qui lui rappelaient que ce pacte a été voulu par Berlin : "Mais le pacte n’a jamais été conçu pour s’appliquer à l’Allemagne !"

Le chancelier estime qu’il respecte la règle du jeu, puisqu’il a lancé toute une série de réformes structurelles lourdes (indemnisation du chômage, retraites, etc.) qui coûtent cher dans un premier temps, alors qu’il supporte déjà la charge de l’unification (4 % du PIB chaque année pour l’Est). Il insiste donc pour que la procédure de "déficit excessif", en cas de dépassement des 3 %, ne soit pas automatique et que la Commission tienne compte de ses dépenses d’investissement.

Evidemment, la France est sur la même longueur d’ondes : elle veut même inclure dans les exemptions ses dépenses militaires, de recherche et d’aide au développement. A ce rythme, personne ne sera jamais en infraction... sauf à afficher un déficit de 6 ou 7 % du PIB.

Gilmar S. MARTINS

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